Barbara Stiegler: “‘Nous entendons bien le martèlement du télégraphe, mais nous ne le comprenons pas’ (Nietzsche, 1877)”

Ce texte est la version abrégée et remaniée d’un article paru aux Etats-Unis sous le titre « On the future of our incorporations: Nietzsche, Media, Events », Discourse – Journal for theoretical studies in media and culture, 31, 1-2, 2009, p.124-139.

Les nouvelles technologies de communication qui tendent à relier – au moins matériellement – tous les hommes de la planète n’ont pas attendu, comme on l’entend souvent, le commencement du troisième millénaire pour exploser. Leur spectaculaire émergence a eu lieu il y a plus d’un siècle, à l’époque même où vécut Nietzsche. Nietzsche vient au monde en 1844, en même temps que le télégraphe, et il vient à la philosophie alors que le réseau télégraphique est en train de déployer ses effets spectaculaires sur un mode exponentiel. Avec le télégraphe, s’étend aussi le chemin de fer, et avec la conjugaison de ces deux innovations, l’explosion de la presse de masse. Une série de fragments posthumes, auxquels on n’a pas suffisamment accordé d’attention, montrent que Nietzsche a tenté d’élaborer une des premières analyses philosophiques des bouleversements inédits engendrés par ces nouvelles technologies de communication. Ils font apparaître la pensée de Nietzsche comme l’une des premières philosophies des médias. Et comme la première philosophie qui impose des prolégomènes médiatiques à toute philosophie future.

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