{"id":1212,"date":"2017-01-05T16:16:19","date_gmt":"2017-01-05T21:16:19","guid":{"rendered":"http:\/\/blogs.law.columbia.edu\/nietzsche1313\/?p=1212"},"modified":"2017-01-05T16:16:19","modified_gmt":"2017-01-05T21:16:19","slug":"daniele-lorenzini-apprendre-a-lire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogs.law.columbia.edu\/nietzsche1313\/daniele-lorenzini-apprendre-a-lire\/","title":{"rendered":"Daniele Lorenzini | Apprendre \u00e0 lire\u00a0: un geste politique"},"content":{"rendered":"<p>L\u2019objectif que Bernard Harcourt et Jes\u00fas Velasco ont donn\u00e9 au s\u00e9minaire Nietzsche 13\/13 est d\u2019expliciter, d\u2019explorer, d\u2019interroger et \u00e9ventuellement de r\u00e9activer la port\u00e9e critique de divers aspects de la pens\u00e9e de Nietzsche \u00e0 travers l\u2019\u00e9tude de treize philosophes, \u00e9crivains, <em>critical thinkers<\/em> du XX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle pour qui Nietzsche a \u00e9t\u00e9 un compagnon de route, une r\u00e9f\u00e9rence incontournable, ou parfois m\u00eame un masque, un double. Que peut-on en faire aujourd\u2019hui\u00a0? Quels sont les instruments que Nietzsche a forg\u00e9s et qui peuvent encore se r\u00e9v\u00e9ler utiles pour nous, dans notre travail intellectuel, acad\u00e9mique, politique au sein du monde contemporain\u00a0?<\/p>\n<p>Je suis particuli\u00e8rement heureux qu\u2019apr\u00e8s la s\u00e9ance du 15 d\u00e9cembre dernier, consacr\u00e9e \u00e0 Aim\u00e9 C\u00e9saire et au mouvement de la N\u00e9gritude, nous avons aujourd\u2019hui l\u2019occasion de d\u00e9dier une journ\u00e9e enti\u00e8re \u00e0 la pens\u00e9e et \u00e0 l\u2019\u0153uvre de Sarah Kofman. Cette journ\u00e9e d\u2019\u00e9tudes poss\u00e8de d\u2019ailleurs un statut un peu \u00e0 part dans le programme du s\u00e9minaire Nietzsche 13\/13, son objectif \u00e9tant non seulement d\u2019explorer les multiples lectures kofmaniennes de Nietzsche, mais aussi de rendre justice aux travaux d\u2019une philosophe dont la voix est tout \u00e0 fait unique au XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle et dont la pratique d\u2019interpr\u00e9tation m\u00e9ticuleuse des textes risque souvent de cacher la tr\u00e8s grande originalit\u00e9 et l\u2019incroyable puissance de pens\u00e9e.<\/p>\n<p>Dans ce tr\u00e8s bref propos introductif, je ne vais pas essayer de donner un aper\u00e7u synth\u00e9tique de l\u2019\u0153uvre impressionnante de Sarah Kofman ni m\u00eame des traits saillants qui caract\u00e9risent sa lecture et son dialogue constant avec la philosophie de Nietzsche. Ce serait tout simplement impossible. Je me bornerai \u00e0 proposer quelques r\u00e9flexions sur sa pratique philosophique et son style d\u2019\u00e9criture. Et j\u2019aimerais commencer par une question que nous avons discut\u00e9e aussi \u00e0 propos de l\u2019\u0153uvre de C\u00e9saire\u00a0: existe-t-il une \u00e9criture \u00ab\u00a0n\u00e8gre\u00a0\u00bb, avions-nous demand\u00e9\u00a0? Et \u00e0 propos de Kofman on demandera\u00a0: existe-t-il une \u00e9criture \u00ab\u00a0f\u00e9minine\u00a0\u00bb\u00a0? L\u2019\u00e9criture de Kofman t\u00e9moigne-t-elle \u2013 ou en tout cas vise-t-elle \u00e0 incarner \u2013 ce caract\u00e8re \u00ab\u00a0f\u00e9minin\u00a0\u00bb\u00a0? Dans un entretien paru dans le n\u00b0 46 des <em>Cahiers du GRIF<\/em> en 1992, <em>La question des femmes\u00a0: une impasse pour les philosophes<\/em>, Kofman donne une r\u00e9ponse \u00e0 cette deuxi\u00e8me question qui me semble tout \u00e0 fait en harmonie avec la r\u00e9ponse de C\u00e9saire et de Senghor \u00e0 la premi\u00e8re\u00a0: c\u2019est s\u00fbr que mes coll\u00e8gues masculins, dit-elle, n\u2019auraient jamais \u00e9crit \u2013 par exemple \u2013 un texte comme <em>S\u00e9ductions <\/em>(sur <em>La Religieuse<\/em> de Diderot), mais \u00ab\u00a0c\u2019est parce qu\u2019ils ne sont pas Sarah Kofman, et non pas simplement parce qu\u2019ils ne sont pas femmes. Il n\u2019y a pas d\u2019un c\u00f4t\u00e9 \u201cl\u2019homme\u201d, les hommes, et de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 \u201cla femme\u201d, les femmes\u00a0\u00bb. En effet, si pour Kofman on ne peut pas s\u00e9parer un texte de la position sexuelle de son auteur, cette derni\u00e8re n\u2019est pourtant pas \u00e0 identifier avec son \u00ab\u00a0sexe\u00a0\u00bb (dans le sens anatomique du terme)\u00a0: contre toute essentialisation d\u2019une pr\u00e9tendue \u00ab\u00a0nature\u00a0\u00bb masculine et f\u00e9minine, Kofman revendique plut\u00f4t l\u2019hybridation, ou mieux \u00ab\u00a0une bisexualit\u00e9 plus ou moins refoul\u00e9e\u00a0\u00bb, et donc un mouvement constant d\u2019une position sexuelle \u00e0 l\u2019autre, un jeu entre un <em>devenir-femme<\/em> et un <em>devenir-homme<\/em> qui n\u2019a de sens et de valeur que si l\u2019on se soucie en permanence de ne pas le figer, le fixer sur l\u2019une ou sur l\u2019autre de ces positions.<\/p>\n<p>L\u2019id\u00e9e d\u2019un \u00ab\u00a0devenir-femme\u00a0\u00bb lui vient de Simone de Beauvoir (\u00ab\u00a0On ne na\u00eet pas femme\u00a0: on le devient\u00a0\u00bb), mais l\u2019influence de Deleuze est ici, bien entendu, ind\u00e9niable. Pourtant, cette posture philosophique t\u00e9moigne aussi d\u2019une \u00e9vidente inspiration nietzsch\u00e9enne\u00a0: cette insistance sur le mouvement plut\u00f4t que sur la fixit\u00e9 des essences, cette volont\u00e9 de nier l\u2019existence d\u2019un socle naturel ultime des choses \u2013 et notamment des identit\u00e9s sexuelles \u2013, sont les m\u00eames que Kofman met en lumi\u00e8re chez Nietzsche, et cela d\u00e8s son premier livre, <em>Nietzsche et la m\u00e9taphore<\/em> (1972), o\u00f9 elle soutient que, dans les textes plus tardifs, Nietzsche radicalise sa position et abandonne le concept de m\u00e9taphore (apr\u00e8s en avoir fait un usage strat\u00e9gique dans les premiers ouvrages), car m\u00eame une th\u00e9orie de la m\u00e9taphore g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e ne va pas assez loin, puisqu\u2019elle risque toujours de sugg\u00e9rer qu\u2019il y aurait quelque chose d\u2019originaire auquel les m\u00e9taphores feraient r\u00e9f\u00e9rence. Ainsi, il ne parle plus que d\u2019interpr\u00e9tation \u2013 car <em>tout<\/em> est interpr\u00e9tation.<\/p>\n<p>En m\u00eame temps, le geste de Kofman ne \u00ab\u00a0d\u00e9politise\u00a0\u00bb pas sa philosophie ni son \u00e9criture. Au contraire, c\u2019est dans un tel geste philosophique, dans <em>le<\/em> geste philosophique <em>lui-m\u00eame<\/em>, ni masculin ni f\u00e9minin (ou peut-\u00eatre les deux \u00e0 la fois), que s\u2019enracine le geste f\u00e9ministe de Kofman \u2013 le seul qu\u2019elle ait jamais accept\u00e9 d\u2019accomplir. Comme elle l\u2019explique, toujours dans l\u2019entretien que je viens de citer, m\u00eame le devenir-femme de la philosophie n\u2019est pas suffisant, ce n\u2019est qu\u2019une \u00e9tape provisoire, car \u00ab\u00a0cette g\u00e9n\u00e9ralisation d\u2019un f\u00e9minin jusqu\u2019\u00e0 maintenant n\u2019a servi qu\u2019aux hommes. On n\u2019a pas vu que des femmes soient davantage devenues des philosophes \u00e0 cause de ce \u201cdevenir-femme\u201d de la philosophie\u00a0\u00bb. Kofman s\u2019appuie donc sur Nietzsche pour soutenir qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une \u00e9tape \u00e0 d\u00e9passer, qu\u2019il faut mettre en lumi\u00e8re \u00ab\u00a0qu\u2019il n\u2019est plus possible de penser \u00e0 l\u2019aide de ces concepts m\u00e9taphysiques, par exemple de f\u00e9minin et masculin\u00a0\u00bb, qu\u2019il faudrait <em>inventer d\u2019autres termes<\/em> \u2013 m\u00eame si c\u2019est extr\u00eamement difficile. Pas de philosophie \u00ab\u00a0f\u00e9minine\u00a0\u00bb donc, et cela pour des raisons qui, chez Kofman, sont \u00e0 la fois philosophiques et politiques, car au bout du compte elle vise ainsi \u00e0 contester l\u2019id\u00e9e d\u2019apr\u00e8s laquelle la valorisation d\u2019une position de \u00ab\u00a0marginalit\u00e9\u00a0\u00bb, de \u00ab\u00a0diss\u00e9mination\u00a0\u00bb ou de \u00ab\u00a0nomadisme\u00a0\u00bb aurait des effets politiques salutaires. Non, conclut-elle, car la m\u00e9taphysique \u2013 en effet, toute la philosophie occidentale \u2013 \u00ab\u00a0a justement toujours pens\u00e9 les femmes du c\u00f4t\u00e9 du marginal, de l\u2019errance, de l\u2019absence de syst\u00e8me\u00a0\u00bb. Ce qui est important pour Kofman, ce qu\u2019elle consid\u00e8re comme \u00ab\u00a0le seul geste f\u00e9ministe qu\u2019[elle ait accompli]\u00a0\u00bb, c\u2019est alors le geste philosophique lui-m\u00eame, classique, \u00ab\u00a0traditionnel\u00a0\u00bb\u00a0: cr\u00e9er une \u0153uvre rationnelle, didactique et continue (quoique, bien s\u00fbr, travers\u00e9e par l\u2019autobiographie, l\u2019ironie et la jubilation), car \u00ab\u00a0le syst\u00e8me m\u00e9taphysique a toujours mis les femmes du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019absence de constance, de l\u2019irr\u00e9gularit\u00e9\u00a0\u00bb, et donc il est essentiel que \u00ab\u00a0les femmes dans la philosophie marquent une telle endurance, pour qu\u2019elles puissent changer quelque chose\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Pourtant, il n\u2019y a pas chez Kofman la pr\u00e9tention (ni m\u00eame la volont\u00e9) de b\u00e2tir un nouveau syst\u00e8me\u00a0: cette possibilit\u00e9 a d\u2019ailleurs \u00e9t\u00e9 radicalement mise en question par Nietzsche et Freud, la philosophie \u00e9tant sans doute devenue, d\u00e9sormais, \u00ab\u00a0un ensemble de lectures, de lectures soup\u00e7onneuses\u00a0\u00bb. Et c\u2019est sur cette id\u00e9e que j\u2019aimerais insister, pour conclure. Si un nouveau style philosophique se fait jour chez Kofman \u2013 et je pense que cela est incontestable \u2013, ce style est \u00e9troitement li\u00e9 \u00e0 une pratique soign\u00e9e de lecture des textes\u00a0: Kofman revient continuellement sur les m\u00eames textes, surtout de Nietzsche et de Freud, elle se cache souvent derri\u00e8re eux, au point qu\u2019il est souvent difficile de reconna\u00eetre sa voix \u00e0 elle. Mais il ne faut pas se tromper, car la lecture \u2013 tout comme l\u2019\u00e9criture et la philosophie elle-m\u00eame \u2013 est pour Kofman un acte de part en part <em>politique<\/em>. En lisant Nietzsche et Freud, mais aussi Platon, Aristote, Kant ou Comte, elle n\u2019oppose pas un syst\u00e8me philosophique \u00e0 un autre, elle ne se limite jamais au simple commentaire (quoique ses remarques soient toujours extr\u00eamement fines et pr\u00e9cises)\u00a0: sa lecture est transversale, orient\u00e9e, <em>interpr\u00e9tative<\/em> (dans le sens nietzsch\u00e9en du terme), elle vise en somme \u2013 en se confrontant avec les grands classiques de la tradition philosophique occidentale (masculine)\u00a0\u2013 \u00e0 subvertir et \u00e0 transfigurer cette derni\u00e8re <em>de l\u2019int\u00e9rieur<\/em>, \u00e0 mettre en lumi\u00e8re la posture toujours situ\u00e9e des auteurs et ainsi \u00e0 la d\u00e9s-essentialiser, en l\u2019introduisant dans le mouvement perp\u00e9tuel (et conflictuel) dont je parlais tout \u00e0 l\u2019heure. C\u2019est de l\u2019int\u00e9rieur de la tradition philosophique occidentale, c\u2019est de l\u2019int\u00e9rieur du geste philosophique classique, c\u2019est de l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019institution acad\u00e9mique elle-m\u00eame que Sarah Kofman a sans cesse essay\u00e9 d\u2019ouvrir l\u2019espace pour une pratique de la philosophie radicalement nouvelle, s\u2019opposant \u00e0 la domination de la voix masculine en philosophie sans pourtant jamais se fixer sur une position dialectiquement contradictoire \u00e0 celle-ci, sans jamais accepter de s\u2019identifier avec cette ou cette autre \u00e9cole, tradition, parti politique.<\/p>\n<p>Valorisation du mouvement de l\u2019interpr\u00e9tation (dans le sens nietzsch\u00e9en du terme) contre toute tentation de fixation et de construction d\u2019un syst\u00e8me\u00a0: c\u2019est en cela que consiste la mise en pratique, par Kofman, de l\u2019un des \u00ab\u00a0exercices spirituels\u00a0\u00bb que Pierre Hadot consid\u00e9rait les plus importants et les plus difficiles \u00e0 accomplir aujourd\u2019hui \u2013 <em>apprendre \u00e0 lire<\/em>. Dans un entretien publi\u00e9 dans <em>Le Monde <\/em>en avril 1986, <em>Apprendre aux hommes \u00e0 tenir parole<\/em>, Kofman \u00e9crit\u00a0: \u00ab\u00a0Apprendre \u00e0 lire \u00e9quivaut pour moi \u00e0 un geste politique. Nietzsch\u00e9enne en cela, je pense que l\u2019homme est un animal dont les traits ne sont pas encore fix\u00e9s. Parmi les multiples pouvoirs de l\u2019homme, le pouvoir de tuer et le pouvoir de tenir parole (c\u2019est-\u00e0-dire parler et laisser parler, mais aussi faire des promesses) sont les deux p\u00f4les importants. Or apprendre \u00e0 bien lire, c\u2019est apprendre aux hommes \u00e0 tenir parole. En essayant de tenir parole, on emp\u00eache le pouvoir de tuer, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019on retarde le retour d\u2019Auschwitz. C\u2019est cela mon geste politique dans l\u2019apprentissage de la lecture\u00a0\u00bb. Lire, c\u2019est ce que \u2013 selon Pierre Hadot \u2013 nous n\u2019avons plus l\u2019habitude de faire, nous ne savons plus faire\u00a0; apprendre \u00e0 lire constitue donc pour lui l\u2019exercice spirituel fondamental, non seulement pour les philosophes, mais pout tout \u00eatre humain, car apprendre \u00e0 lire signifie apprendre \u00e0 dialoguer avec un texte et son auteur, le comprendre avant de se lancer dans la critique, le respecter, lui laisser la parole plut\u00f4t que de l\u2019\u00e9touffer. C\u2019est un exercice d\u2019humilit\u00e9 intellectuelle qui ouvre la possibilit\u00e9 de se faire transformer par ce qu\u2019on lit et de donner \u00e0 ce qu\u2019on lit le pouvoir de transformer (\u00e0 travers nous) le monde.<\/p>\n<p><em>Sarah Kofman lectrice de Nietzsche<\/em>, donc, non pas parce qu\u2019il s\u2019agirait de questionner l\u2019exactitude philologique de ses interpr\u00e9tations de Nietzsche, mais parce que sa lecture de Nietzsche (et de bien d\u2019autres auteurs) est de part en part un exercice philosophique <em>et<\/em> une pratique politique.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019objectif que Bernard Harcourt et Jes\u00fas Velasco ont donn\u00e9 au s\u00e9minaire Nietzsche 13\/13 est d\u2019expliciter, d\u2019explorer, d\u2019interroger et \u00e9ventuellement de r\u00e9activer la port\u00e9e critique de divers aspects de la pens\u00e9e de Nietzsche \u00e0 travers l\u2019\u00e9tude de treize philosophes, \u00e9crivains, critical&hellip; <a href=\"https:\/\/blogs.law.columbia.edu\/nietzsche1313\/daniele-lorenzini-apprendre-a-lire\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1874,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[38972],"tags":[],"class_list":["post-1212","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-posts-7-13"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blogs.law.columbia.edu\/nietzsche1313\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1212","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blogs.law.columbia.edu\/nietzsche1313\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blogs.law.columbia.edu\/nietzsche1313\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.law.columbia.edu\/nietzsche1313\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1874"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.law.columbia.edu\/nietzsche1313\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1212"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/blogs.law.columbia.edu\/nietzsche1313\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1212\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blogs.law.columbia.edu\/nietzsche1313\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1212"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.law.columbia.edu\/nietzsche1313\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1212"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.law.columbia.edu\/nietzsche1313\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1212"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}