{"id":1747,"date":"2021-01-09T20:33:25","date_gmt":"2021-01-10T01:33:25","guid":{"rendered":"http:\/\/blogs.law.columbia.edu\/abolition1313\/?p=1747"},"modified":"2021-01-09T20:34:19","modified_gmt":"2021-01-10T01:34:19","slug":"giuseppe-aprile-faut-il-abolir-le-sujet-de-droit","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogs.law.columbia.edu\/abolition1313\/giuseppe-aprile-faut-il-abolir-le-sujet-de-droit\/","title":{"rendered":"Giuseppe Aprile | Faut-il abolir le sujet de droit\u00a0?"},"content":{"rendered":"<h2>Par Giuseppe APRILE<\/h2>\n<p>Si les d\u00e9bats \u00ab\u00a0abolitionnistes\u00a0\u00bb apparemment concernent davantage des institutions (telles que la police ou la propri\u00e9t\u00e9) que les sujets, il ne reste pas moins que les questions de subjectivit\u00e9 et de subjectivation semblent rentrer pleinement \u2013 autant du point de vue descriptif que normatif \u2013 dans le paradigme envisag\u00e9 par W.E.B. Du Bois, et cela tout d\u2019abord puisque le moment n\u00e9gatif de l\u2019abolition d\u2019une certaine forme de subjectivit\u00e9 doit \u00eatre n\u00e9cessairement suivi par le moment positif constitutif d\u2019une autre.<\/p>\n<p>En effet, si Byung-Chul Han soutient que l\u2019on se trouve dans une p\u00e9riode de \u00ab\u00a0crise\u00a0de libert\u00e9\u00a0\u00bb puisque la seule vraie libert\u00e9 que l\u2019on a r\u00e9side dans les interstices du passage du \u00ab\u00a0sujet\u00a0\u00bb au \u00ab\u00a0projet\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>, Simona Forti envisage une voie de sortie de cette crise qui n\u2019implique ni la de-subjectivation du sujet, ni la d\u00e9molition de tout moi-projet, et qui par contre prend appui sur la possibilit\u00e9 d\u2019une <em>praxis<\/em> \u00e9thique socratique du sujet<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>.<\/p>\n<p>L\u2019alternative entre un sujet \u00ab\u00a0souverain\u00a0\u00bb expression d\u2019une volont\u00e9 de puissance et un sujet domin\u00e9 par les formes de pouvoir (y compris le \u00ab\u00a0Capital\u00a0\u00bb selon Han qui serait une v\u00e9ritable <em>Lebensform <\/em>suivant Martin Saar) n\u2019est pas en effet la (impossible) soustraction \u00e0 toute forme de pouvoir \u00e0 travers une pure de-subjectivation \u2013 qui conduisant selon Forti \u00e0 une \u00ab\u00a0nue vie\u00a0\u00bb constituerait, elle seule, la forme sur laquelle le pouvoir n\u2019a aucune emprise et donc le seul horizon-limite d\u2019une (impossible) \u00ab\u00a0lib\u00e9ration\u00a0\u00bb du pouvoir. Au contraire, Forti indique dans les pratiques de \u00ab\u00a0soin de soi\u00a0\u00bb foucaldiennes, ainsi que dans la th\u00e9orie arendtienne du \u00ab\u00a0deux-en-un\u00a0\u00bb , les racines d\u2019une th\u00e9orie critique socratique du sujet qui semble \u00eatre un point de d\u00e9part indispensable de tout projet de <em>critique &amp; praxis<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\"><strong>[3]<\/strong><\/a><\/em> de l\u2019\u00e9conomie politique dans une perspective abolitionniste qui prenne en compte les questions de race et \u2013 dans ce cas sp\u00e9cifique \u2013 de sexe.<\/p>\n<p>En effet, les deux formes de subjectivation qui semblent \u00e9merger en opposition entre elles dans <em>Naissance de la Biopolitique <\/em>sont le sujet d\u2019int\u00e9r\u00eat de la rationalit\u00e9 lib\u00e9rale (<em>homo oeconomicus<\/em>) et le sujet de droit du pouvoir souverain (<em>homo juridicus<\/em>), deux alternatives apparemment tellement incompatibles que Foucault d\u00e9clare le probl\u00e8me du lib\u00e9ralisme consister \u00e0 gouverner des sujets d\u2019int\u00e9r\u00eat dans un espace de souverainet\u00e9<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>. S\u2019il semble \u00e9vident donc que ce sujet d\u2019int\u00e9r\u00eat (n\u00e9o)lib\u00e9ral doit faire l\u2019objet d\u2019une critique abolitionniste, en raison de l\u2019absence de toute perspective de libert\u00e9 et d\u2019\u00e9mancipation \u00e0 son horizon<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a>, il ne semble toutefois pas possible de le remplacer avec le sujet de droit, le sujet du pouvoir souverain qui selon Foucault l\u2019a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 historiquement.<\/p>\n<p>Cette op\u00e9ration parait inopportune pour deux raisons. Premi\u00e8rement, parce que ce sujet de droit semble en r\u00e9alit\u00e9 \u00eatre toujours le sujet d\u2019une rationalit\u00e9 lib\u00e9rale. Et cela non-seulement dans le sens que ce sujet est en effet au centre du \u00ab\u00a0probl\u00e8me du lib\u00e9ralisme\u00a0\u00bb juridique comme le remarque Harcourt<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a>, mais aussi dans le sens que la distinction entre ces deux sujets n\u2019est pas si nette que l\u2019architecture foucaldienne ne semble faire apparaitre. En effet, si on suit Wendy Brown, il faut relever que tout au long de son Cours, Foucault semble ignorer (volontairement) les diff\u00e9rences entre lib\u00e9ralisme \u00ab\u00a0politico-juridique\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0\u00e9conomique\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a> et consid\u00e8re les deux aspects comme \u00e9tant deux c\u00f4t\u00e9s de la m\u00eame rationalit\u00e9. Cela pousse donc \u00e0 envisager qu\u2019il y a une parent\u00e9 \u00e9troite entre ces deux sujets, le sujet de droit \u00e9tant en r\u00e9alit\u00e9 \u2013 au m\u00eame titre que le sujet <em>oeconomicus<\/em> qui est cens\u00e9 par contre lui \u00eatre oppos\u00e9 \u2013 \u00ab\u00a0un sujet poursuivant exclusivement son int\u00e9r\u00eat personnel\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\">[8]<\/a>.<\/p>\n<p>Mais l\u2019inopportunit\u00e9 de cette substitution semble d\u00e9river, deuxi\u00e8mement, de la circonstance que le sujet de droit, consid\u00e9r\u00e9 comme \u00ab\u00a0le moderne sujet titulaire de droits, individu responsable situ\u00e9 dans un contexte d\u2019imputabilit\u00e9, responsabilit\u00e9 et autonomie\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\">[9]<\/a> se forme dans l\u2019histoire de la pens\u00e9e occidentale autour des pratiques du soi \u00e0 soi concernant le sexe. Foucault s\u2019efforce en effet d\u2019esquisser ce passage dans <em>Les Aveux de la Chair, <\/em>en montrant comme le cadre th\u00e9orique d\u2019Augustin \u2013 visant l\u2019\u00e9tablissement d\u2019une \u00e9conomie de la concupiscence dans le cadre du mariage \u00e0 travers les notions d\u2019<em>usage<\/em> et de <em>propri\u00e9t\u00e9<\/em> du corps du conjoint \u2013 permet de \u00ab\u00a0penser simultan\u00e9ment et [en] une seule forme le sujet de d\u00e9sir et le sujet de droit\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\">[10]<\/a>, un sujet devant apprendre \u00e0 faire un bon usage de ce mal, inscrit comme une fracture dans sa subjectivit\u00e9 depuis la faute originaire et la chute, qui est la <em>libido. <\/em><\/p>\n<p>Il est int\u00e9ressant de remarquer \u00e0 ce propos que la conception plus ancienne, par rapport (et en opposition) \u00e0 laquelle Augustin construit son cadre, est celle d\u2019un \u00ab\u00a0acte sexuel [\u2026] pens\u00e9 comme \u2018bloc paroxystique\u2019, unit\u00e9 convulsionnelle o\u00f9 l\u2019individu s\u2019ab\u00eemait dans le plaisir du rapport \u00e0 l\u2019autre, au point de mimer la mort\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn11\" name=\"_ftnref11\">[11]<\/a>, une conception qui ressemble la d\u00e9finition de la pulsion sexuelle comme \u00ab\u00a0pulsion de mort\u00a0\u00bb dans certains th\u00e9oriciens queer, tels que Leo Bersani, consid\u00e9rant que la <em>libido <\/em>(d\u00e9couverte par Freud et apr\u00e8s refoul\u00e9e exactement du fait de son potentiel mortif\u00e8re) est en effet \u00ab\u00a0la tentative de combattre le pouvoir avec le plaisir, la possibilit\u00e9 ouverte \u00e0 l\u2019\u00eatre humain d\u2019atteindre une jouissance dans laquelle sa subjectivit\u00e9 est pour un moment d\u00e9compos\u00e9e\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn12\" name=\"_ftnref12\">[12]<\/a>. Cet effort de sortir de soi-m\u00eame, de se d\u00e9subjectiviser et de mourir au niveau identitaire, semble en effet ne pas \u00eatre un caract\u00e8re intrins\u00e8que de la \u00ab\u00a0pulsion sexuelle\u00a0\u00bb mais plut\u00f4t le pendant d\u2019une subjectivit\u00e9 b\u00e2tie autour de techniques visant sa contention, visant donc une limitation de la <em>libido<\/em>.<\/p>\n<p>Or si, comme le soutient Harcourt, une critique de l\u2019\u00e9conomie politique aujourd\u2019hui n\u2019est possible qu\u2019en prenant en consid\u00e9ration d\u2019autres aspects de la subjectivit\u00e9 tels que la race ou le sexe et si effectivement la construction de la subjectivit\u00e9 de droit \u2013 alors que men\u00e9e \u00e0 travers une <em>praxis <\/em>\u00e9thique du soi \u00e0 soi (de toute fa\u00e7on plut\u00f4t platonique\u00a0que socratique<a href=\"#_ftn13\" name=\"_ftnref13\">[13]<\/a>) \u2013 passe \u00e0 travers une certaine \u00ab\u00a0technique\u00a0\u00bb de la maitrise de la pulsion sexuelle, il semble non seulement qu\u2019un retour \u00e0 la subjectivit\u00e9 de droit (telle qu\u2019on la connait) apr\u00e8s l\u2019abolition de la subjectivit\u00e9 \u00ab\u00a0\u00e9conomique\u00a0\u00bb n\u00e9olib\u00e9rale est en r\u00e9alit\u00e9 une fausse piste (de fait c\u2019est un repli sur la m\u00eame forme de subjectivit\u00e9); mais encore qu\u2019il est n\u00e9cessaire d\u2019envisager son abolition \u00e0 son tour, compte tenu du fait qu\u2019elle s\u2019est b\u00e2tie sur des pratiques de v\u00e9ridiction de soi en mati\u00e8re sexuelle tellement mauvaises \u00e0 faire plut\u00f4t envisager la d\u00e9-subjectivation, la \u00ab\u00a0mort du sujet\u00a0\u00bb (sinon la mort physique dans certains cas<a href=\"#_ftn14\" name=\"_ftnref14\">[14]<\/a>) comme horizon de libert\u00e9. A ce propos, si \u2013 d\u2019un c\u00f4t\u00e9 \u2013 le fait de consid\u00e9rer l\u2019institution (cot\u00e9 \u00ab\u00a0positif\u00a0\u00bb de l\u2019abolition) d\u2019une <em>praxis \u00e9thique<\/em> qui favorise la formation d\u2019une subjectivit\u00e9 de droit socratique devrait permettre au d\u00e9sir sexuel de prendre une forme diff\u00e9rente de la \u00ab\u00a0pulsion de mort\u00a0\u00bb\u00a0(ou du moins elle devrait \u00e9viter toute recherche de libert\u00e9 sous-forme d\u2019une d\u00e9-subjectivation une fois cette \u00ab\u00a0pulsion\u00a0\u00bb accept\u00e9e sans chercher aucun d\u00e9passement dialectique), il semble \u2013 de l\u2019autre cot\u00e9 \u2013 que cela soit de toute fa\u00e7on un pr\u00e9suppos\u00e9 n\u00e9cessaire dans toute perspective de \u00ab\u00a0r\u00e9volution-abolition\u00a0\u00bb du capitalisme.<\/p>\n<p>Si l\u2019on suit donc Foucault en consid\u00e9rant que \u00ab\u00a0la r\u00e9volution, soit elle sera \u00e9thique, soit elle ne sera jamais\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn15\" name=\"_ftnref15\">[15]<\/a> et Harcourt dans l\u2019id\u00e9e que ce n\u2019est pas la \u00ab\u00a0nature humaine\u00a0\u00bb qui d\u00e9termine le mod\u00e8le de soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 l\u2019on vit, mais le mod\u00e8le de soci\u00e9t\u00e9 choisi qui \u00ab dit\u00a0\u00bb ce que nous sommes<a href=\"#_ftn16\" name=\"_ftnref16\">[16]<\/a>, il semble que les probl\u00e8mes de subjectivation doivent n\u00e9cessairement \u00eatre compris comme des probl\u00e8mes d\u2019institutionnalisation et que l\u2019abolition\/cr\u00e9ation des unes se lie \u00e0 l\u2019abolition\/cr\u00e9ation des autres. Il reste toutefois \u00e0 imaginer d\u2019un c\u00f4t\u00e9 quelles institutions peuvent (si possible) diffuser des pratiques socratiques de \u00ab\u00a0soin de soi\u00a0\u00bb de mani\u00e8re d\u00e9mocratique (une nouvelle religion civile\u00a0ne serait pas \u2013 \u00e0 strictement parler \u2013 d\u00e9mocratique) et, de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, quelle forme pourrait-elle prendre le droit, une fois sa pr\u00e9tendument et illusoirement \u00ab\u00a0neutre\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn17\" name=\"_ftnref17\">[17]<\/a> subjectivit\u00e9 reb\u00e2tie, pour ce qui concerne des concepts tels que \u00ab\u00a0faute\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0imputabilit\u00e9\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0responsabilit\u00e9\u00a0\u00bb, qui du coup ne devraient plus \u00eatre li\u00e9s aux m\u00e9canismes de contention de la <em>libido<\/em>.<\/p>\n<h1 style=\"text-align: center;\">Notes<\/h1>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Byung-Chul Han, <em>Psychopolitics\u00a0: Neoliberalism and New Technologies of Power<\/em> (New York: Verso Books, 2017). Pour le philosophe cor\u00e9en, si le moi-sujet se per\u00e7oit soumis aux contraintes externes du pouvoir, le moi-projet reste de fait soumis aux contraintes internes du sujet. Par cons\u00e9quent on n\u2019est libre que dans le moment de passage d\u2019une forme \u00e0 l\u2019autre.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Simona Forti, \u201cPer un <em>ethos<\/em> della libert\u00e0. Note su soggettivit\u00e0 e potere\u201d. In <em>Almanacco di Filosofia e Politica<\/em>, edited by Roberto Esposito, 49 \u2013 74. Macerata: Quodlibet, 2019.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Harcourt, lui aussi, il remarque comme la tradition de th\u00e9orie critique dans laquelle Foucault s\u2019inscrit est une tradition certainement plus Nietzsch\u00e9enne que H\u00e9gelienne-Marxiste, mais en r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 la source c\u2019est Socratique.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> Je traduis librement de la version anglaise ici, mais le concept est bien exprim\u00e9 dans les cours du 28 mai 1979 et 4 avril 1979 de <em>Naissance de la Biopolitique<\/em>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> Selon Han, ce sujet n\u00e9olib\u00e9ral vit dans une \u00e9ternelle condition de \u00ab\u00a0moi-projet\u00a0\u00bb visant l\u2019investissement de son capital humain. Alors qu\u2019il se per\u00e7oit libre de toute contrainte de pouvoir, en r\u00e9alit\u00e9, il reste en tout cas un \u00ab\u00a0esclave de lui-m\u00eame\u00a0\u00bb\u00a0dans l\u2019observation stricte du projet qu\u2019il se donne.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> Bernard Harcourt, <em>Critique &amp; Praxis<\/em> (New York\u00a0: Columbia University Press, 2020), Chapter 11.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> \u201cPut in another way, for Foucault there is no divergence between economic and political liberalism\u201d. Wendy Brown, <em>Undoing the Demos: Neoliberalism\u2019s Stealth Revolution <\/em>(New York: Zone Books, 2015), 59.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a> Harcourt, <em>Critique &amp; Praxis, <\/em>249. Ici Harcourt lit le Marx de \u00ab\u00a0Sur la Question juive\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a> Ib., 118. Ma traduction libre en fran\u00e7ais.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a> Michel Foucault, <em>Histoire de la sexualit\u00e9, vol. IV\u00a0: Les Aveux de la Chair <\/em>(Paris\u00a0: Gallimard, 2018), 406.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref11\" name=\"_ftn11\">[11]<\/a> Ib., 416.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref12\" name=\"_ftn12\">[12]<\/a> Leo Bersani, <em>Homos<\/em> (Cambridge: Harvard University Press, 1996), 102. Ma traduction libre en fran\u00e7ais.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref13\" name=\"_ftn13\">[13]<\/a> On consid\u00e8re \u2013 suivant Forti \u2013 que la pratique de soi platonique est une pratique de \u00ab\u00a0v\u00e9ridiction\u00a0\u00bb, de \u00ab\u00a0connaissance de soi\u00a0\u00bb aboutissant sur l\u2019examen et la conformation du soi \u00e0 certaines v\u00e9rit\u00e9s, alors que la pratique de soi socratique est une pratique de \u00ab\u00a0soin\u00a0\u00bb qui entraine un dialogue int\u00e9rieur entre parties en conflits sans que cela aboutisse sur un d\u00e9passement dialectique vers une forme ult\u00e9rieure de v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref14\" name=\"_ftn14\">[14]<\/a> C\u2019est le cas par exemple du philosophe-activiste italien Mario Mieli.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref15\" name=\"_ftn15\">[15]<\/a> Forti, \u201cPer un <em>ethos<\/em> della libert\u00e0. Note su soggettivit\u00e0 e potere\u201d, 74.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref16\" name=\"_ftn16\">[16]<\/a> Harcourt, <em>Critique &amp; Praxis, <\/em>252. Ma traduction libre de l\u2019anglais.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref17\" name=\"_ftn17\">[17]<\/a> On pourrait soutenir qu\u2019une autre des \u00ab\u00a0illusions\u00a0\u00bb lib\u00e9rales est celle d\u2019occulter ce proc\u00e8s de formation-v\u00e9ridiction de la subjectivit\u00e9 de droit autour du sexe.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref18\" name=\"_ftn18\">[18]<\/a> \u201cFor an ethos of freedom. Notes on subjectivity and power\u201d. My translation.<\/p>\n<h1 style=\"text-align: center;\">Bibliographie<\/h1>\n<ul>\n<li>Bersani, Leo. Cambridge: Harvard University Press, 1996.<\/li>\n<li>Brown, Wendy. <em>Undoing the Demos: Neoliberalism\u2019s Stealth Revolution. <\/em>New York: Zone Books, 2015.<\/li>\n<li>Forti, Simona. \u201cPer un <em>ethos<\/em> della libert\u00e0. Note su soggettivit\u00e0 e potere\u201d<a href=\"#_ftn18\" name=\"_ftnref18\">[18]<\/a>. In <em>Almanacco di Filosofia e Politica<\/em>, directed by Roberto Esposito, edited by Mattia di Pierro and Francesco Marchesi, 49 \u2013 74. Macerata: Quodlibet, 2019.<\/li>\n<li>Foucault, Michel. <em>Histoire de la sexualit\u00e9, vol. IV\u00a0: Les Aveux de la Chair.<\/em> Paris\u00a0: Gallimard, 2018.<\/li>\n<li>Foucault, Michel. <em>Naissance de la biopolitique. <\/em>Paris\u00a0: Gallimard-Seuil, 2004.<\/li>\n<li>Han, Byung-Chul. <em>Psychopolitics\u00a0: Neoliberalism and New Technologies of Power, <\/em> Erik Butler. New York: Verso Books, 2017.<\/li>\n<li>Harcourt, Bernard. <em>Critique &amp; Praxis. <\/em>New York\u00a0: Columbia University Press, 2020.<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Giuseppe APRILE Si les d\u00e9bats \u00ab\u00a0abolitionnistes\u00a0\u00bb apparemment concernent davantage des institutions (telles que la police ou la propri\u00e9t\u00e9) que les sujets, il ne reste pas moins que les questions de subjectivit\u00e9 et de subjectivation semblent rentrer pleinement \u2013 autant&hellip; <a href=\"https:\/\/blogs.law.columbia.edu\/abolition1313\/giuseppe-aprile-faut-il-abolir-le-sujet-de-droit\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2322,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[67549],"tags":[],"class_list":["post-1747","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-resources-ehess"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blogs.law.columbia.edu\/abolition1313\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1747","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blogs.law.columbia.edu\/abolition1313\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blogs.law.columbia.edu\/abolition1313\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.law.columbia.edu\/abolition1313\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2322"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.law.columbia.edu\/abolition1313\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1747"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/blogs.law.columbia.edu\/abolition1313\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1747\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blogs.law.columbia.edu\/abolition1313\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1747"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.law.columbia.edu\/abolition1313\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1747"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.law.columbia.edu\/abolition1313\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1747"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}